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L’écriture clinique en ethnologie

  • Method(s). African Review of Social Sciences , 2 : 1-13
Discipline : Anthropologie
Auteur(s) :
Auteur(s) tagués : BARRY Aboubacar
Renseignée par : BARRY Aboubacar

Résumé

Après avoir consacré divers textes à un groupe de Peuls du Burkina Faso, pendant que je vivais en France, je m’interroge ici sur les conditions dans lesquelles un psychologue clinicien peut produire des écrits dans un champ disciplinaire qui lui est a priori étranger. La démarche ne me paraît pas trop différer de ce qui est exigé du psychologue dans son travail de psychothérapie ou d’écriture de textes psychologiques. Il s’agit avant tout d’identifier sa propre implication dans l’objet auquel il consacre son étude. Et aussi de prendre conscience des mouvements que ce travail d’écriture suscite en lui. C’est à cette seule condition que ses écrits peuvent avoir un sens partageable. L’écriture est alors comme une forme de thérapie personnelle, au cours de laquelle on apprend à mieux se connaître dans le mouvement même où on se dévoile à l’autre. La première remarque, c’est l’importance de la notion d’absence tout d’abord : absence du lieu dont il parle, absence de la population qu’il étudie, absence de l’interlocuteur auquel il s’adresse. Cette première modalité de l’absence se trouve dans le fait que les Peuls dont il parle – les Peuls du pays samo au Burkina Faso – ont pour la plupart quitté ces lieux depuis plusieurs décennies. L’autre modalité en est que lui-même ne vit plus dans ce pays depuis plusieurs années. Enfin, le lecteur auquel il s’adresse n’est pas censé connaître ces Peuls, ni le connaître, lui.

Mots-clés

Ecriture clinique, Absence et manque, Peuls, Nostalgie

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