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Etude épidémiologique des troubles psychotraumatiques et des événements traumatogènes chez les personnes déplacées internes au Burkina Faso

  • ETUDES TOGOLAISES. Revue Togolaise des Sciences , 18 (1) : 137-156
Discipline : Psychologie
Auteur(s) :
Auteur(s) tagués : BARRY Aboubacar
Renseignée par : BARRY Aboubacar

Résumé

Les situations d’urgence quelles qu’en soient leurs origines ont de multiples conséquences sur la santé psychique et physique des individus. Elles peuvent être à l’origine du développement ou d’aggravation de pathologies psychiatriques, somatiques et de comportements à risques. Or, l’on peut s’en apercevoir qu’au XXIème siècle ce sont des conflits armés et des climats de terreur qui font partie de la vie quotidienne de millions de personnes à travers le monde. Au Burkina Faso, ce sont surtout les séries d’actes terroristes qui font l’actualité. Ces actes ont entrainé un très grand nombre de décès, détruit les familles, les communautés, les cultures et accru les troubles post-traumatiques. Ainsi, selon le Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR), le pays a enregistré, à la date du 17 janvier 2023, 1 882 391 personnes déplacées internes. Le taux de pourcentage des hommes s’élève à 17,62% contre 23,93% pour les femmes et 58,44% pour les enfants. Aussi, à en croire les statistiques issues du Rapport statistique mensuel de l’Education en situation d’Urgence (2023), il y a 1 086 321 élèves, dont 521 062 filles (48,51%) à la date du 31 Janvier 2023, qui sont affectés par ce déplacement forcé. C’est pourquoi l’objectif visé par cet article est d’évaluer les taux d’exposition aux évènements traumatogènes et de prévalence des troubles post-traumatiques notamment le TSPT dans la population des personnes déplacées internes au Burkina Faso. Pour atteindre nos objectifs, nous avons utilisé l’Inventaire des Evènements Traumatogènes (IET) et le Check-list for DSM 5 (PCL-5). Au terme de cette étude, les résultats font ressortir un taux global d’exposition aux évènements traumatogènes de 17, 18% et un taux de prévalence du TSPT de 34,90%. Nous en arrivons à la conclusion qu’un faible taux d’exposition aux évènements traumatogènes ne rime pas forcément avec une haute prévalence de la pathologie post-traumatique. De ce point de vue, nous estimons qu’il faut reconsidérer la primauté du facteur étiologique du TSPT, c’est-à-dire le critère A du DSM car les liens associatifs entre les événements traumatogène et le TSPT restent faibles et parfois mêmes absents.

Mots-clés

Personnes déplacées internes, épidémiologie, événements traumatiques, troubles de stress post traumatiques

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