Logiques nomades (L'identité peule dans des contextes variés)
- Echanges , 2 (13) : 638-652
Résumé
Ce texte traite de la préservation de l’identité d’une ethnie donnée dans un contexte de migrations et d’emprunts culturels variés. La société peule, dont les membres, à l’origine nomades, sont dispersés dans de nombreux pays d’Afrique, est celle qui a semblé se prêter le plus judicieusement à ce type de questionnements. La notion de pulaaku par laquelle les Peuls se définissent et s’identifient, quels que soient les diversités territoriales, politiques et culturelles qu’ils vivent au quotidien, semble constituer un référent pertinent et stable dont il faut tenir compte. C’est aussi l’occasion de discuter les conceptions des anthropologues et des historiens africanistes, influencés par les objections de Jean-Loup Amselle, sur la consistance même de la notion d’ « ethnie ». Le texte évoque aussi la thèse de Doctorat d’Histoire de Jean Célestin Ky consacrée au culte du masque en pays samo ; l’auteur s’intéresse à l’origine de cette pratique chez ce peuple. On se rend compte, en le suivant, que lorsqu’on veut rechercher l’origine et l’histoire d’une pratique culturelle donnée dans le champ de l’ethnologie, on se heurte à d’énormes difficultés. La notion de « logiques métisses » introduite par Jean-Loup Amselle pour tenter d’expliquer de telles difficultés ne paraît pas permettre de rendre compte de la situation de manière exhaustive. Il semblerait que ce qui soit en jeu ici relève plutôt de l’ordre de « logiques nomades ».
Mots-clés
Identité ethnique, migration des pratiques, Peuls, Samo, Logiques métisses, Interprétation symboliques des coutumes