L'enfant mort et sa mère en clinique africaine
- L'Evolution psychiatrique , (67) : 516-544
Résumé
De nombreux travaux sont consacrés actuellement à la clinique interculturelle. Mais parfois, ces réflexions se contentent de rendre globalement l'émigration et l'abandon des pratiques culturelle responsables des dérives psychiques, tout comme si ces populations étaient toutes en harmonie avec les croyances culturelles en cours. C'est ignorer les transformations massives actuelles des systèmes de représentations à l'oeuvre dans ces pays, qui affectent profondément les cadres de symbolisation des pathologies. Des demandes qui sembleraient bien adaptées aux thérapies traditionnelles s'adressent aux psychothérapeutes. L'on se rend alors compte que ces représentation continuent de fonctionner malgré la perte, chez les personnes relativement isolées des contextes culturels où elles trouvent toute leur cohérence, de la croyance à l'efficacité des rituels qui leur donnent corps. La connaissance des systèmes culturels de représentation des maladies st donc essentielle dans le travail avec de tels patients. Mais on doit pas les y enfermer, mais plutôt les accompagner à accomplir leur parcours personnel. C'est ce que le travail clinique avec une femme vivant à Ouagadougou (Burkina Fao), confrontée à la mort répétée de ses enfants, permet de montrer
Mots-clés
Clinique interculturelle, mort répétée d'enfant utérins en Afrique, mère de famille africaine; fonctionnement psychique de personnes acculturées