LES BLESSES BALISTIQUES DES ATTAQUES TERRORISTES : 5 ANS DE PRISE EN CHARGE AU CENTRE HOSPITALIER REGIONAL DE DEDOUGO
- 19EME CONGRES AOLF & 7EME CONGRES SOTOCOT : 257-257
Résumé
Introduction :
Les traumatismes balistiques sont restés longtemps l’apanage des forces de défense et de
sécurité. Au Burkina Faso, ils sont devenus fréquents chez les civils avec l’insécurité
grandissante liée aux attaques terroristes. L’absence de données sur les traumatismes
balistiques au centre hospitalier régional de Dédougou a justifié cette étude.
Matériels et méthodes :
Il s’agit d’une étude observationnelle à collecte retro-prospective sur 5 ans. Les données
socioprofessionnelle, clinique, para clinique, thérapeutique et évolutive des patients ont été
recueillies et analysées.
Résultats :
six cent six blessés balistiques ont été colligés. Il s’agissait de 370 hommes et de 236 âgés en
moyenne de 31,6 ±12,8 ans. Ils étaient majoritairement des civils (52%). On dénombrait 1376
plaies ayant occasionnées 2042 lésions, dont 470 fractures. La radiographie standard révélait
la présence de 251 corps étrangers dont 47 projectiles uniques et 204 chevrotines chez 77
blessés. Il existait un rapport significatif entre les balles retrouvées et la survenue des lésions
osseuses (p=0,002). Une ostéosynthèse a été réalisée chez 214 patients et une amputation
chez 28 patients. Vingt-trois patients ont été évacués pour insuffisance du plateau technique.
La consolidation a été obtenue chez 208 blessés. Des complications ont été enregistrées chez
50 blessés et on notait 20 cas de décès. Les facteurs associés à la survenue de l’infection du
site opératoire étaient le délai de prise en charge de plus de 8 heures (P= 0,036), les fractures
ouvertes de type III de Gustilo et Anderson (P= 0,017) et les lésions viscérales par perforation
d’anses (P= 0,007).
Conclusion :
Les traumatismes balistiques chez les civils sont en augmentation dans les zones d’insécurité.
L’amélioration du plateau technique et des systèmes de référence est essentielle pour réduire
la morbi-mortalité.
Mots-clés
Blessés, balle, attaques terroristes, épidémiologie.