Le méthane (CH₄), puissant gaz à effet de serre au potentiel de réchauffement
climatique 28 fois plus élevé que le CO₂, est majoritairement émis par l'agriculture,
l'industrie et la gestion des déchets. Dans les régions à forte croissance
démographique comme Ouagadougou, au Burkina Faso, l’intensification des
activités anthropiques aggravent ses émissions, posant d’importants défis
climatiques et sanitaires. Cette étude analyse la pollution atmosphérique au
méthane dans la région du Grand Ouaga de mars 2021 à février 2024, par
l’identification des points chauds et par l’examen de leur corrélation avec
l’occupation des sols. Les logiciels Google Earth Engine, R, et QGIS ont été utilisés
pour classifier les types d’occupation des sols par la méthode k-means et estimer
les émissions de méthane. Ces dernières ont été quantifiées par analyse temporelle
à l’aide d’images satellites Sentinel 5P. Les analyses géostatistiques de type
variogramme croisé et statistique de Getis-Ord Gi* ont également été utilisées pour
déterminer la corrélation entre l’occupation du sol et les points chauds d’émission
de CH4. Les résultats révèlent des émissions plus élevées dans les quartiers proches
de la zone industrielle de Kossodo et des sites de dépôts de déchets, avec des pics
enregistrés après l’hivernage, principalement en raison des activités agricoles et
industrielles. L’étude montre également que l’expansion urbaine a transformé
11,79% des sols naturels en zones urbaines, avec une augmentation du bâti de
40,95% en trois ans, entraînant une hausse des émissions de CH4 de 16,43 parties
par milliards. Les résultats mettent en évidence l’urgence pour les décideurs
d’adopter des politiques de gestion durable de l’urbanisation, des déchets et des pratiques agricoles, en particulier lors des périodes critiques, pour limiter les
émissions de méthane.
Méthane, télédétection, Occupation du sol, pollution atmosphérique