Notre article se propose d'étudier le processus de création de quelques romanciers de la littérature écrite burkinabè contemporaine. La conjecture principale de ce travail est articulée autour de cette assertion : la littérature orale burkinabè constitue le socle et la source d'inspiration de cette littérature écrite. À cet effet, notre investigation nous a conduit à relever le fait que celle-ci se nourrit des soubassements culturels de la littérature orale burkinabè. L'exploration se fait autour des fondements culturels et linguistiques de la littérature orale des burkinabè -le proverbe, la devinette, ou conte court, le nom de guerre, la fable, la nouvelle- qui constituent le socle d'inspiration des romanciers. Ces genres non narratifs et narratifs apparaissent comme le niveau le plus dominant de l'emprunt de la tradition orale. A un niveau inférieur, les narrateurs traditionnels, plus discrets, sont utilisés comme de réels témoins de la littérature orale. La transformation des discours intégrés et leur polyphonie est au centre de l'intertextualité. Les romanciers burkinabè réinjectent ainsi la tradition orale tout en adaptant leur création à une situation nouvelle qui n'est plus celle de l'Afrique traditionnelle, mais plutôt celle de l'Afrique moderne en pleines mutations. Comme des stigmates, la parole génétique ou artistique traditionnelle revient sans cesse à travers les schèmes mentaux et langagiers du discours des personnages traditionnels. Toutes ces influences avouées et subtiles conduisent à affirmer que le romancier burkinabè est un véritable relais de la tradition.
Nous nous proposons dans notre article de vous entretenir sur certains aspects des liens génétiques que le roman burkinabè entretient avec la littérature orale. Certains écrivains ont tendance d'ancrer leur récit au cœur de l'inspiration des textes oraux. C'est ainsi que le roman subit des traitements particuliers, on pourrait alors parler de topoï moose pour emprunter le terme de Janheinz Jahn.
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